Je me souviens, c’est très récent
De cette histoire de peu de gloire
Et ce midi me vient l’envie
(D’en faire) récit.
Une journée d’été et de bonté
Deux larrons fanfarons
Se vantaient de leurs méfaits
Celui là jurait amitié
Et celui-ci fraternité
Il vint à l’esprit de l’un
D’aller par les chemins
Ôter la vie de l’ours brun
Prestement équipés
Nos deux alliés
En jambes se mettent
Et vite fait en quête
Trouvent la bête.
Mais l’animal les surprend
Eux qui croyaient tant
Que la force du fusil
Valait garantie
Sans plus attendre
Nos deux cassandres
A toute jambes
Taillent la pente
Mais dans leur dos
Leur peau, leurs os
Leur chair si chère
Donne à notre ours
Un goût en bouche
Qui sans détours
Gagne des pouces
Dans cette course
Le doute croissant
La panique aidant
L’un des chenapans
Stop son élan
L’autre en fait autant
Mais aussitôt prévenant
Que l’ours brun
Gagne du terrain
Et que chacun
Finira en festin
Mais au contraire
Pour celui à terre
Le temps est serein
Et dans son sac
Tout en vrac
Trouve baskets
Qui sur chaussettes
Se trouvent lassées
Pendant ce temps
Son compagnon
Se fait mauvais sang
En le regardant
En un bond
Notre homme se lève
Et à son hôte qui rêve
S’adresse sur ce ton
« Tu vois mon ami
Il n’est pas besoin
De courir plus vite
Que notre ours brun
Mais tout simplement
Plus vite que toi »
Dans cette histoire
Où l’amitié n’est qu’un mot
Quand le drame se noue
Selon sa trame, son ami
Sera ou protégé ou sacrifié
L’étoffe des héros à bien
Souvent ses déchirures.
Anne Charlotte